Qu’est-ce que l’hyperactivité ?

Qu’est-ce que l’hyperactivité ?

Qu’est-ce que l’hyperactivité ?

Se dire que ce n’est pas vrai,

que c’est de la foutaise,

que l’enfant en rajoute,

qu’il manque d’éducation,

que l’adulte ne fait aucun effort…

N’est-ce pas les réactions les plus fréquentes,

quand on pose sur un enfant ou un adulte le diagnostic d’hyperactivité ?

Pour l’enfant, il est jugé comme étant mal élevé, indiscipliné, on dit qu’il pourrait tellement mieux faire mais qu’il ne fait aucun effort, on juge ses parents qui ne sont pas assez sévères…

Que de jugements peu constructifs et surtout inadaptés...

Mais que savons-nous vraiment de l’hyperactivité, du handicap du TDAH ?

Car un enfant hyperactif au sens clinique du terme est un enfant porteur d’un handicap, il ne simule pas.

Ces réactions trop souvent habituelles sont dues en particulier au fait que ce terme est beaucoup trop global.

C’est une erreur selon moi d’avoir englobé sous le terme d’hyperactif les enfants ou les adultes TDAH (même si l’hyperactivité est une réaction possible au trouble).

Cela crée des confusions qui ne servent pas les personnes atteintes véritablement de ce trouble.

On a aussi présenté, ces derniers temps, l’hyperactivité comme étant une simple réaction au mal de notre époque, aux écrans, au zapping, aux vies au rythme effréné, aux séparations, aux nouveaux modes de vivre les familles…

Là encore, le terme est mal employé et crée une dangereuse confusion.

Hyperactif, de quoi s’agit-il  ?

Si l’on s’attarde sur la signification du mot “hyperactif”,

il se dit habituellement d’une personne trop remuante, trop active et qui peut présenter des difficultés d’attention.

Il est vrai qu’il existe autour de nous des adultes et des enfants qui ne savent jamais s’arrêter de bouger, ou des enfants colériques, capricieux, turbulents.

Ces difficultés traduisent dans alors une quête de limites, ou un malêtre certain, ou encore une difficulté d’ordre psychologique.

En revanche, les personnes atteintes du TDAH n’entrent absolument pas dans ce cas de figure,

elles sont véritablement victimes d’un déséquilibre de certains neuro-transmetteurs du cerveau associé à des facteurs héréditaires importants.

Le TDAH, un véritable handicap

Le TDAH est un trouble neuro-développemental chronique

qui concerne de 3 à 5 % des enfants d’âge scolaire en France et 5 % de la population en général,

et il faut savoir que le trouble persiste dans 65% des cas à l’âge adulte.

Le TDAH ( «trouble du déficit de l’attention-hyperactivité») est un hadicap dont les causes ne sont absolument pas d’ordre psychologique (les problématiques d’ordre psychologiques éventuelles compliquent les troubles mais n’en sont pas à l’origine).

Le TDAH résulte d‘une défaillance neurologique.

Il est regrettable, malgré l’évidence de constater qu’encore beaucoup trop de personnes (parents, enseignants y compris) et de professionnels de la santé doutent de cette défaillance.

Pour un enfant ou un adulte TDAH, être diagnostiqué signifie…

être reconnu comme une personne atteinte d’un handicap qui occasionne des comportements qu’il ne peut maitriser sans soins adaptés.

Accepteriez-vous que l’on refuse de prendre en compte le handicap de votre enfant et que ce refus de reconnaissance crée une grande souffrance et mette en puéril ses chances d’être un adulte équilibré, heureux et intégré à son environnement ?

Différencier un enfant ou un adulte qui a des troubles de comportement dont l’origine est avant tout psychologique d’un enfant ou d’un adulte TDAH est essentiel, ne serait-ce que pour prendre en compte la souffrance de l’enfant ou de l’adulte TDAH qui n’a aucune maitrise sur ce qu’il subit.

 

L’esprit est comme un parachute, pour que ça marche il faut l’ouvrir !

Comment expliquer le fait qu’on refuse l’évidence ?

Il y a bien une raison majeure à ce manque de reconnaissance.

Elle réside dans le diagnostic.

Il n’existe à ce jour aucun appareil scientifique dédié, permettant de détecter cette défaillance, de ce fait, nombre de scientifiques, de spécialistes restent sceptiques et préfèrent penser que les réactions excessives constatées ont une origine différente.

L’hyperactivité serait alors le plus souvent pour ces professionnels sceptiques, la conséquence «d’une angoisse profonde de l’enfant, que ce dernier dissipe en s’agitant».

Nous serions donc face à une réaction excessive suite à un trouble psychologique.

Le diagnostic

Aujourd’hui, le diagnostic se base sur une série d’examens (IRM, test de QI, psychomotricité…) et un recoupement de données, d’enquêtes, de questionnaires avec un grille d’évaluation établie par un neurologue compétent.

La reconnaissance d’une personne TDAH repose sur trois critères essentiels :

un déficit de l’attention, le symptôme le plus prégnant.

Le sujet est incapable de se concentrer, il est facilement distrait, il n’assimile pas ce qu’il entend.
une impulsivité, autrement dit une tendance forte à ce que l’action précède la pensée.

Le sujet ne sait retenir ses actes, il s’emballe, il ne peut s’empêcher de faire sans réflexion préalable comme si son corps lui échappait (comme une voiture de course sans frein).
une hyperactivité +/- forte, symptôme le plus visible et perçu comme le plus perturbateur.

Le sujet ne tient pas en place et ne cesse jamais de bouger, il bouge trop et ne peut s’en empêcher.

Ce dernier critère n’étant pas toujours remarqué chez les sujets TDAH.

En effet, on peut croiser des enfants TDAH absolument pas en proie à une hyperactivité.

L’ensemble de ces symptômes doivent s’être manifestés avant l’âge de 5 ans, et doivent être notables dans n’importe quelle situation.

 

Pour un TDAH, le terme “trop” est un terme qui l’accompagne dans toutes les situations.

Il mange trop (il comprend qu’il n’a plus faim quand il commence à avoir mal au ventre), il crie trop, il parle trop, il bouge trop…une des conséquence de son handicap est l’incapacité à se raisonner, à se freiner, à s’auto-discipliner, à se stopper.

Il faut savoir que le TDAH peut aussi se cacher derrière d’autres troubles ou entrainer d’autres troubles.

Retenons cependant, que le trouble principal reste le déficit d’attention et de concentration.

Malheureusement, faire reposer le diagnostic sur la seule interprétation d’un neurologue peut entrainer des dérives et des excès…comme cela a été le cas aux Etats-Unis.

On constate des diagnostics posés à la légère ou au contraire un refus d’envisager ce trouble chez les enfants TDAH en souffrance réelle.

Les conséquences d’une absence de diagnostic

Aussi, un véritable TADH est souvent…

incompris, mal jugé, en grande souffrance psychologique et c’est un bonheur pour lui, une délivrance, de croiser le spécialiste qui saura l’aider et le soigner car le quotidien d’un TDAH non diagnostiqué et de son entourage est très difficile.

Il se sent dévalorisé, rejeté, mal jugé, toujours encouragé à faire des bêtises par ses camarades, toujours puni, souvent mis à l’écart, quelquefois renvoyé ou devant quitter le système scolaire trop tôt parce que peu supporté par ses professeurs…

On l’accuse d’avoir toutes les capacités pour réussir mais de ne faire aucun effort, de se laisser aller à la facilité en étant agité et turbulent.

Pour la famille…

elle est montrée du doigt, elle est jugée et accusée de ne pas savoir éduquer son enfant, elle est prise entre le sentiment que son enfant souffre d’un déséquilibre réel et celui de penser comme on l’encourage à le faire que son enfant ne fait aucun effort et prend plaisir à faire des bêtises.

Elle est régulièrement convoquée à l’école ou dans les lieux où se trouve son enfant parce qu’il se fait toujours remarquer.

Elle a peur d’être invitée quelque part, d’ailleurs elle finit par ne plus l’être parfois. Elle a peur de sortir dans des endroits où l’enfant est ingérable comme les supermarchés…

Une spirale de dévalorisation retentit rapidement sur l’équilibre de toute la famille et entraîne même parfois des conséquences néfastes pour l’épanouissement psychoaffectif de l’enfant, voire un éclatement au sein du noyau familial car son quotidien est rarement joyeux, il est très pesant.

Pour notre Petit Nicolas, la traversée a été longue, 12 longues années avant qu’un diagnostic ne soit posé.

Avant cela, toujours des mises à l’écart, des moqueries, le rôle de pitre dans la classe, trop de bêtises, un jugement de la part de ses professeurs très dévalorisant, une incompréhension générale mais l’intuition d’une maman qui ne lâchait pas et tentait de comprendre car la différence et la souffrance étaient évidentes.

On entendait la perpétuelle rengaine “il ne fait aucun effort pourtant il est capable”.

Une visite chez un neurologue à l’age de 1 ans, un suivi régulier par un psychologue puis un psychiatre de l’age de 4 ans à l’age de 12 ans et pourtant aucun diagnostic constructif posé.

Et puis un médecin croisé par chance qui craignait un début de syndrome Gille de la Tourette qui a organisé un rdv en urgence chez un neurologue parce que notre Petit Nicolas se faisait mal au point de saigner et la délivrance, le diagnostic et le traitement approprié sont arrivés après 12 années.

Alors comme il le dit si bien, “je suis devenu un téléphone portable avec une carte sim” ! et depuis Petit Nicolas est pompier volontaire, a 22 ans et a commencé des études d’infirmier.

Sa vie n’est pas simple mais il s’organise…

Toutes ces années où il a été mal jugé, rabaissé, l’ont cependant marquées à vie, aujourd’hui il cherche la reconnaissance dont il a tant manqué dans ce qu’il entreprend.

Le défaut de reconnaissance et de prise en charge adaptée et précoce de cette pathologie peut avoir des conséquences sévères sur la vie entière des sujets car le Trouble Déficit de l’Attention / Hyperactivité persiste à l’adolescence et à l’âge adulte dans environ 60% des cas.

Les mots du corps sont les mots de l’âme, ainsi on ne doit pas chercher à guérir le corps, sans chercher à guérir l’âme

Platon

Des conséquences à long terme

Les personnes atteintes non soignées abandonneront plus facilement l’école, auront peu d’amis ou des amis qui les encouragent à mal se comporter ou s’amusent de leur conduite.

Elles enchaineront différents boulots, consommeront plus facilement du tabac ou abuseront de drogues ou d’alcool parce qu’ils leurs apportent une forme d’évasion.

Elle auront plus facilement des accidents de la route, plus de risques de grossesses précoces, tomberont plus facilement dans la dépression et cela se comprend !…

D’autant que nombre d’adultes TDAH ne sont absolument pas diagnostiqués, car passé l’enfance, on les perçoit comme des marginaux instables qui ne font aucun effort d’intégration, leur handicap est rarement envisagé comme tel.

Une autre vie, un autre regard

Pour ceux et celles qui ont la chance de croiser le spécialiste compétent, une fois le diagnostic posé, il sera alors possible pour les parents de se documenter et de comprendre, voire d’expliquer le trouble aux professeurs de leur enfant et de leur proposer quelques astuces pour encourager son intégration et sa réussite.

Bien entendu il y aura toujours les sceptiques mais heureusement il est désormais possible de faire établir un “Plan d’aide individualisé” par l’établissement afin de formaliser des mesures concrètes et surtout de reconnaitre qu’il ne le fait pas exprès.

Une approche thérapeutique plurielle, est souvent envisagée et adaptée à chaque enfant, pour diminuer sa souffrance et l’aider à s’épanouir ainsi qu’aux familles (séances d’orthophonie, soutien scolaire, séances de psychomotricité, stratégies psycho-éducatives comme des programmes éducatifs et comportementaux pour les familles…).

Parfois, en plus des thérapies d’accompagnement envisagées on ne peut éviter la prescription médicamenteuse de stimulants du système nerveux en particulier quand le suivi scolaire est très compliqué.

Mais là encore la décision pour les parents est difficile à prendre.

Cependant il est avéré qu’avec le traitement, les sujets TDAH arrivent à se concentrer, à suivre en classe, à reprendre confiance en eux et à pouvoir envisager de faire des études secondaires parfois.

Un enfant soigné avant l’age de 6 ans a toutes les chances de mener une vie quasi équilibrée à l’âge adulte et surtout de ne plus prendre de traitement à l’âge adulte.

Quand le handicap rend plus fort

«On ne guérit pas du TDAH, mais on apprend à vivre avec”

Un enfant diagnostiqué et soigné fera souvent preuve de beaucoup de courage, de persévérance, il cherchera sans cesse à faire ses preuves, à attirer l’attention et la reconnaissance et aura un recul sur la vie et les personnes très particulier, riche d’expériences et d’un vécu peu commun.

Et si notre regard sur ces enfants ou ces adultes “Trop” évoluait ?

Commençons par porter un regard bienfaisant sur les personnes qui nous semblent “TROP” pour envisager qu’elles ne le font peut-être pas exprès et que leur famille font de leur mieux….

Transformons ce regard pesant en une main tendue compréhensive….

 

A Nicolas toujours TROP mais qui se soigne !

à toutes les personnes TDAH et à leurs proches

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