Réagir au harcèlement moral (dans le cadre professionnel)

Réagir au harcèlement moral (dans le cadre professionnel)

by catherine-anazao, 5 septembre 2017

Réagir au harcèlement moral (dans le cadre professionnel)

Le harcèlement moral au travail n’est pas à prendre à la légère, c’est une réalité que je vous invite ici à comprendre. Comprendre pour être attentif (ve) et savoir réagir, car nous prenons bien souvent, trop à la légère, des actes qui nous semblent sans gravité vus de l’extérieur mais qui sur la durée provoquent une réelle souffrance chez les personnes qui en sont victimes et des conséquences parfois très lourdes.

Une réalité actuelle

La souffrance au travail s’accentue dans une société où il faut toujours plus de rendement et où l’esprit de compétition est très fortement mis en avant dès nos premiers apprentissages.

Les mots déplacés, les humiliations, les brimades, les mises au placard, les actes gratuits, la pression, peuvent alors devenir des armes pour mettre de côté les personnes qui freinent une évolution personnelle, pour punir un salarié dont le comportement ne va pas dans le sens de son responsable ou de ses collègues ou surtout pour partager maladroitement ses propres frustrations.

Des actes, des mots qui peuvent parfois être prononcés ou commis avec assez de calcul pour qu’ils passent inaperçus aux yeux des personnes qui entourent la victime ou qui seront présentés comme de simples plaisanteries aux yeux des autres. Seulement l’intention de faire souffrir est bien réelle, le besoin de trouver le bouc émissaire sur lequel le bourreau partagera ses frustrations est certain et peut conduire à des conséquences catastrophiques.

Le harcèlement, lorsqu’il est dénoncé ou découvert peut aujourd’hui être sévèrement puni. Retenons les cas de France Télécom et Renault, deux entreprises condamnées par la cour d’appel à verser des indemnités à des victimes de harcèlement moral, malheureusement trop tard pour certaines victimes qui ont fini par mettre fin à leurs jours. Le harcèlement moral au travail est désormais une faute fermement punie par la loi, lorsqu’on parvient à le prouver…alors pourquoi continuer à ne pas vouloir le voir, à ne pas y être plus attentif ?

Le harcèlement moral au travail

La relation d’emprise apparait comme l’impossibilité fondamentale d’accepter l’autre dans sa différence. L’autre est nié en tant que sujet et l’idée même de son désir est intolérable. L’autre est considéré comme objet maîtrisé et maîtrisable. C. Roos

C’est un délit pénal, qui se définit par une conduite abusive (des gestes, des paroles, des attitudes, des comportements…) qui porte atteinte, par sa répétition et sa systématisation, à la dignité, ou à l’intégrité physique ou psychique d’une personne. Une conduite qui va dès lors mettre en péril l’emploi de la personne qui en est victime ou dégrader le climat de travail.

On peut confirmer une suspicion de harcèlement moral au travail lorsqu’une personne est victime :

– d’ attaques répétées

– d’attaques le plus souvent sur des sujets intimes et personnels, on s’en prend à elle pas à son savoir-faire

– d’attaques méprisantes et haineuses d’un dominant (un salarié, un employeur et un salarié…), soudaines, sans aucune raison objective. Les raisons ne sont jamais formulées directement, ce qui accentue la confusion pour la personne dominée.

Le harcèlement moral au travail nait le plus souvent de jalousie, de rivalité, de secrets cachés dans l’entreprise.

Il est important de différencier le harcèlement moral du stress, ou de l’agression ponctuelle, ou bien encore de mauvaises conditions de travail générales à l’entreprise.

Il peut prendre plusieurs formes, comme un reclassement abusif, une affectation sans justification, une baisse de salaire illégale, une surcharge de travail ou au contraire une absence progressive ou soudaine de tâches, un gel de responsabilité sans raison, une rétrogradation de poste, un refus de primes, un refus de redonner à une personne son ancien poste et ses anciennes responsabilités après une absence prolongée, une rupture de contrat de travail sans motif réel. Ou encore des avances, des réflexions, des gestes déplacés, des moqueries.

Des réprimandes et des gentillesses sont souvent pratiquées en alternance, sur le principe du bâton et de la carotte. La victime tombe ainsi dans les sentiments de crainte et d’espoir mélangés. Puis elle est isolée pour finir totalement à la merci du harceleur qui l’agressera continuellement et sans raison.
Conséquences

Les conséquences sont une atteinte à la dignité de la personne, une altération de sa santé physique ou mentale, une dégradation de la qualité de son travail.

La victime est détruite progressivement et sans raison, et c’est l’absence de raison qui déstabilise totalement la personne qui en est victime au point de finir par douter d’elle-même ou par avoir honte.

Qui a la responsabilité de réagir ?

Le Code du travail en son article 1152-4 du Code du travail précise qu’il appartient au chef d’entreprise de prendre toutes dispositions nécessaires en vue de prévenir les agissements listés dans le même article.

Tout en sachant que tout salarié qui se considère comme étant harcelé doit impérativement collecter tous les éléments de preuve des agissements de harcèlement moral. L’article 1154-1 du Code du travail prévoit en effet que le salarié doit établir les faits qui permettent de présumer l’existence d’un harcèlement. Devant le Conseil des prud’hommes, tout sera affaire de preuve.

Que risque l’agresseur ?

C’est un délit pénal, punissable par une peine de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende, auxquelles s’ajoutent généralement des dommages et intérêts reversés à la victime. Une sanction disciplinaire pouvant aller jusqu’au licenciement pour faute grave est aussi possible.

Existe t-il des personnes plus exposées que d’autres ?

On reconnait que les personnes intelligentes (parce qu’elles chercheront à comprendre l’incompréhensible), morales (parce que le harceleur utilisera leur morale contre elles et les fera fortement culpabiliser) , courageuses, qui ont le sens des responsabilités, consciencieuses, qui s’investissent énormément dans leur travail sont plus exposées.

On compte aussi parmi les victimes les personnes différentes, par leur personnalité, par leur sentiment de confiance ou de sécurit , ou simplement différentes physiquement ou par leurs choix personnels comme leurs choix sexuels…toute non conformité devient alors prétexte au harcèlement.

Victime, comment réagir ?

“Nous sommes comme des livres, la plupart des gens ne voient que notre couverture, au mieux ils lisent notre résumé ou bien se fient à la critique que d’autres font, mais ce qui est certain, c’est que très peu d’entre eux connaissent notre histoire”

  1. Évitez tant que cela est possible ce manipulateur dont la fréquentation n’est absolument pas profitable ;
  2. Vérifiez le harcèlement en tentant de demander à votre agresseur des explications sur son comportement et s’il n’apporte pas de réponses et de solutions mais qu’il nie et continue ses agressions alors le harcèlement est avéré ;
  3. Agissez vite car plus la situation perdure, plus les conséquences en seront traumatiques et profondes et difficiles à réparer ;
  4. S’il est trop tard pour fuir, demandez de l’aide à des personnes compétentes et dont vous êtes certains de la neutralité (psychologues, avocats, associations, syndicats…) ; Parlez, verbalisez les agressions auprès d’une personne extérieure au lieu de travail ;
  5. Expliquez à vos proches ce qui se passe pour vérifier votre ressenti, évitez le sentiment de culpabilité, évitez l’isolement ; Appuyez-vous au maximum sur votre environnement familial et amical s’il est solide et sécurisant ;
  6. Tenez un journal et constituez un dossier avec des dates, des lieux, des faits et le cas échéant des preuves et attestations en n’hésitant pas à voir un médecin, un psychiatre ou un psychothérapeute compétent qui pourra constater l’impact des agissements du harceleur sur la santé mentale et/ou physique ;
  7. Ensuite il faudra probablement passer par un suivi auprès d’un professionnel spécialiste pour déculpabiliser et comprendre que le problème vient du harceleur et pas de la victime.

Une responsabilité collective

“Respecter l’autre c’est le considérer en tant qu’être humain et reconnaître la souffrance qu’on lui inflige”

 

Le harcèlement moral au travail n’est pas une fatalité, toutes les personnes qui en sont victimes doivent savoir qu’elles ne sont pas seules et qu’il y aura toujours quelqu’un quelque part pour les entendre et les aider.

Pourquoi ne seriez-vous pas cette main tendue ?

L’isolement est la pire des réactions à avoir en cas de harcèlement moral au travail.

Se tourner vers les autres est essentiel

Soyons à notre manière, avec nos moyens, les garants du droit au bien être de chacun dans son activité en commençant par ouvrir nos yeux et nos oreilles et par agir sans hésitation si nécessaire.

 

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